Quel virage patriotique ?

Après le ministre du Commerce, le Premier ministre donne le sens du vent économique du pays. L’ambition des pouvoirs publics est on ne peut plus clair. L’Algérie veut importer moins et exporter plus. On ne parle pas là que de valeur, bien entendu. Il est impératif, de regarder de plus près ce qu’on exporte. Il faut sortir de la logique mono-exportatrice. Le pays n’y survivra pas. Pour l’heure, on est encore à la case hydrocarbures et les 65 dollars le baril, affichés vendredi dernier, nous sortent peut-être un peu plus de la zone rouge, mais en valeur seulement. Il faut absolument passer le cap de la diversification des exportations. C’est certes, une litanie qu’on se chante depuis plus de 40 ans, mais le fait est là. On n’en a pas fini de la chanter cette litanie. Et le millier de produits désormais interdits aux importations, n’est pas de nature à nous rassurer. Cela pourrait réduire la facture, mais ne garantit pas une hausse «qualitative» des recettes pour l’économie nationale. Notons au passage, que nous importons moins, mais nous importons la même chose. Le lait, les céréales et l’habillement grèvent le budget de la République. Ces trois produits continueront à être importés. C’est dire, que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge.
Cela dit, il est entendu, que la prise de conscience est bien là. La loi de Finances 2018 a, espérons-le, engagé le bon «virage patriotique» et donné le signal qu’il faut, aux partenaires de l’Algérie. Cela devait placer l’Algérie dans un axe économique plutôt avantageux, au sens où l’on entrevoit, une volonté à montrer aux Européens qui nous ont boudés, lorsqu’on n’avait pas d’argent et détroussé lorsqu’on en a eu, que désormais, ils n’auront plus la partie facile en Algérie. A bien écouter le Premier ministre, les cadres algériens savent lire des textes et qu’en la matière, les interdictions d’importation sont légales et légitimes.
Les Algériens, qu’ils soient de la classe moyenne ou à la recherche d’emplois, devraient être les grands gagnants, de cette nouvelle orientation économique. Celle-ci, devant booster l’industrie et le service made in Algéria, créer des millions d’emplois et une concurrence saine. Ceci était censé se répercuter sur le niveau de vie de la classe dite moyenne, les salaires étaient appelés à augmenter et l’on aurait été enfin dans le meilleur des mondes. Les Algériens n’auraient plus besoin de toujours demander le prix du pétrole.

Par Smaïl Daoudi

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