LE MINISTRE DES AFFAIRES RELIGIEUSES ET DES WAKFS MOHAMED AISSA AU FORUM DES CITOYENS

    «L’EXPÉRIENCE ALGÉRIENNE DANS LA DÉRADICALISATION EST UNE RÉFÉRENCE MONDIALE»

    Dans son intervention, et après avoir remer- cié les présents au forum à la leur tête M. le wali d’Oran, les imams, la société civile, les professionnels de la presse et l’évêque d’Oran qui a eu un salut particulier, le ministre a tenu tout d’abord à rappeler le succès qu’a eu le dernier forum qu’il avait animé en 2015 et qui a eu un écho certain sur la scène internationale grâce au professionnalisme auquel est arrivé ce «forum des citoyens», qui est aujourd’hui une tribune où les déclarations des responsables algériens sont sui- vies par les grands médias internationaux et re- prises sur les réseaux sociaux.

    Abordant le pro- gramme de son département ministériel, il a rap- pelé que le programme est inspiré du programme du président de la République qui s’étale sur cinq années et dont le ministère a la charge de concré- tiser sur le terrain. Bien sûr depuis la venue du nouveau Premier ministre Ahmed Ouyahia, et le nouveau plan d’action du gouvernement qu’il a présenté après les dernières législatives, nous a poussé à finir notre stratégie. Nous insistons tou- jours pour améliorer les conditions du hadj de nos concitoyens et à améliorer les prestations des agences de voyages, mais aussi la composante de la «biita» du hadj. Et sur ce dossier les condi- tions ont beaucoup évolué dans le bon sens et il est maîtrisé à un grand degré. Mais le dossier qui nous préoccupe le plus aujourd’hui, c’est la for- mation qui est très importante pour faire évoluer nos imams, mourchidines et morchidates, car, de là, nous pouvons améliorer la conception et les idées de toute notre société. Le but étant au final de faire face au courant extrémiste et terroriste qui doivent être combattus sans relâche. Cet axe donc de la formation qui reste, notre grande ba- taille, car, de lui dépendant plusieurs choses, nous a amené à faire entrer de nouvelles méthodes pour hisser le niveau des imams lors des cessions de
    formations et de sensibilisations que mène le sec- teur des Affaires religieuses. Cette formation ne se limite pas aux imams qui activent dans les mosquées du pays, mais aussi ceux qui doivent officier à l’étranger et en particulier en France. Ce changement a permis à nos imams de jouir d’une grande reconnaissance en Europe mais aussi dans d’autres Continents comme c’est le cas en Amérique où le Canada a montré son grand inté- rêt à voir les imams algériens venir encadrer la vie des musulmans notamment lors du mois de Ramadhan. L’autre volet du programme du ministère, révé- lera M.Mohamed Aissa, concerne la mosquée et sa sécurisation. Un travail qui a été présenté dans le plan d’action du gouvernement et approuvé par le parlement avec ses deux chambres. Ce pro- gramme de sécurisation de la mosquée mais aus- si de l’église, se fait en étroite collaboration avec le ministère de l’Intérieur. Les zaouia, leur évolu- tion est aussi aujourd’hui inscrite dans ce plan d’action du gouvernement et dont le ministère veillera à le concrétiser et le suivre de très près, car, ces zaouias sont considérées comme des centres de cultes qui ont un grand rôle dans la diffusion de la modération (el wasatia) et l’islam débarrassée de l’extrémisme auquel appellent certains cercles. Le ministre citera à l’occasion, la zaouia el Alaouia dont le chef jouit d’une répu- tation ayant conduit l’ONU à l’accréditer dans la journée du «vivre ensemble». Le ministre a aussi rappelé que la révision du discours de la mosquée est inscrite dans son pro- gramme car, le discours de certains extrémistes veut imposer que l’on enlève certaines citations contenues dans ce discours tels que le mot «dji- had» et même certaines «ayates», ce que refuse l’Algérie car, la parole de Dieu ne peut être sujette à ce genre d’ingérence. Certains pays ont ainsi accepté cet état de fait et imposer à leurs imams de revoir le discours religieux, mais l’Algérie ne
    s’inscrit pas dans cette optique et refuse de dicter à l’imam sa «khotba». La révision qu’il y a eu en Algérie c’est une révision de la méthodologie et son rapprochement du discours national, ce qui pousse l’imam à ne pas prononcer des avis ou fetwas qui auraient pour conséquence de créer une quelconque instabilité sociale dans le pays ou affaiblir l’unité nationale. Dans ce cadre, le ministère accorde aussi une attention particulière à la communauté al- gérienne installée à l’étranger, et notamment en France où l’imam algérien a pu instaurer cette confiance et changer le regard sur notre reli- gion de par son discours modéré, ce qui a pous- sé plusieurs maires de villes françaises à ma- nifester leur satisfaction, ce qui a eu pour con- séquence de ne pas classer l’Algérie dans la liste des pays interdits de financer les activités religieuses, car, nos imams ont de par leur maîtrise de la langue française et leur implica- tion dans la lutte contre les fléaux sociaux de- venir acteurs acceptés et importants dans la vie de la cité. Cette expérience en France, a intéressé au plus haut point d’autres pays com- me l’Italie qui demande de bénéficier du savoir faire de l’Algérie et de ses imams. Le ministre a aussi insisté sur le souci de l’Al- gérie à ce que le «mashaf» utilisé dans notre pays, soit confectionné sur la référence de «warch» et que tous les importateurs doivent se soumettre à cette décision, considérant qu’il y a une «guerre idéologique autour du mashaf» qui est très impor- tante et à laquelle il faut faire très attention. Il a aussi annoncé qu’un accord interministériel entre son département, celui de l’Intérieur et de la Cul- ture, a été finalisé pour contrôler l’importation du livre religieux. Le ministre est aussi revenu sur la classification des mosquées en Algérie et révélé aussi que l’architecture des mosquées qui seront bâties, devra respecter le modèle algérien. Par ailleurs, le ministre a révélé que certains
    événements internationaux ont poussé son dé- partement à coordonner ses actions avec le mi- nistère des Affaires étrangères, quand plusieurs nations ont relevé que quelque chose est en train de bouger en Algérie concernant le dis- cours religieux, la sécurisation de la pratique spirituelle, la lutte contre le terrorisme et la lut- te contre l’extrémisme menant à l’extrémisme violent, et quand les ministres des Affaires étran- gères des pays membres de l’Onu ont demandé à notre ministre des A.E, d’exposer son expé- rience dans le domaine de la radicalisation, notre département s’est penché sur le sujet et à préparé un volumineux travail de l’expérience algérienne depuis les années 90 à ce jour pour prémunir notre société contre le printemps ara- be et non arabe et contre l’extrémisme. Et le fait de voir que les Algériens se sont très peu joints aux groupes armés violents et en parti- culier «daech», a fait que de hauts responsa- bles étrangers en visite à notre pays, s’y inté- ressent à notre expérience qui a permis de fai- re face à ce fléau de la violence, et même si certains pays veulent aujourd’hui nous prendre le terme de la diplomatie religieuse, il n’en de- meure pas moins que l’Algérie a été le premier pays à mettre en pratique cette notion de diplo- matie religieuse qui intéresse aujourd’hui plu- sieurs pays à leurs têtes les USA, la Chine ou le Canada qui veulent tous bénéficier de l’ex- périence algérienne dans la déradicalisation. Le même intérêt est aussi exprimé par plusieurs pays sud américain, africain et aussi la Rus- sie, mais aussi d’autres pays du monde entier qui veulent former leurs imams en Algérie. Après cet exposé, le ministre s’est prêté avec une disponibilité remarquable aux questions qui lui ont été posées par les présents à ce forum, en n’occultant aucune question, comme vous le lirez dans les articles de nos confrères Hakim Ghali et Karim Benacef.

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