Commerce extérieur : La fin du système des licences d’importation

    L’objectif pour 2018 est très ambitieux, puisque Benmeradi veut faire baisser cette facture à 30 milliards de dollars. Les indices susceptibles de donner du crédit au ministre, ne sont pas vraiment réunis, mais le département de Benmeradi entend déployer un nouveau dispositif d’Tous les utilisateursencadrement des importations pour parvenir à l’objectif tracé.

    Après à peine deux années d’application, le système des licences d’importations sera purement et simplement abandonné. En 2018, le gouvernement n’en délivrera pas. C’est ce qu’a annoncé hier à Alger, le ministre du Commerce Mohamed Benmeradi, lors d’une réunion avec les cadres de son secteur. Le ministre explique la fin du système par les limites qu’il a montrées sur le terrain. La facture globale des importations n’a pas baissé, mais plus important encore, le système des licences à bureaucratiser l’acte commercial et, de fait, installé dans le marché un manque de transparence. Cela, rappelle le ministre, sans compter les problèmes d’approvisionnement dont il a été à l’origine.
    Une seule exception est tolérée et ce seront les importations des véhicules qui continueront à être soumis aux licences. Mais cela sera fonction de la production nationale. En d’autre terme, les licences ne seront réinstaurées qu’en «en cas de nécessité». En attendant l’Algérie demeure fermée aux importations de véhicules. Pour le ministre du Commerce, la seule constante dans la démarche future du gouvernement, consiste à la protection de la production nationale. L’autre souci est celui d’éviter une nouvelle envolée de la facture d’importations. L’équation n’est pas simple à résoudre, mais l’exécutif veut faire mieux que l’année en cours 2017 où les importations ont coûté 45 milliards de dollars en baisse par rapport à 2016, mais d’un petit milliard de dollars, puisque l’année dernière, la facture s’est montée à 46,7. L’objectif pour 2018, est très ambitieux, puisque Benmeradi veut faire baisser cette facture à 30 milliards de dollars.
    Les indices susceptibles de donner du crédit au ministre ne sont pas vraiment réunis, mais le département de Benmeradi entend déployer un nouveau dispositif d’encadrement des importations pour parvenir à l’objectif tracé. Le premier axe de l’intervention des pouvoirs publics pour réduire la facture tient à l’élargissement de la liste des marchandises soumises à la Taxe intérieure de consommation (TIC). Une dizaine de familles de produits verront leur TIC fixé à 30%. Les produits en question, coûteront plus chers à la revente, mais les taxes y afférentes alimenteront les caisses de l’Etat. Le deuxième facteur est en rapport avec les droits des Douanes. Ceux-ci peuvent atteindre 60% pour 32 familles de produits finis. Avec «ces barrages», M. Benmeradi estime que les producteurs nationaux seront stimulés dans le sens de l’amélioration de la compétitivité de leur produits, tout en offrant au Trésor public l’opportunité d’engranger plus de recettes budgétaires sur les opérations d’importation de certains produits de luxe.
    A côté de cette double mesure administrative, le gouvernement a l’intention de suspendre l’importation d’une longue liste de marchandises. Pour le ministre, cette mesure radicale poursuit l’objectif de donner à la balance des paiements, le moyen d’un rajustement rapide. Il faut savoir, à ce propos, que le solde global de cette balance a affiché un déficit de 11,06 milliards de dollars au 1er semestre 2017 contre un déficit de 14,61 milliards de dollars au même semestre de 2016. Pas moins de 45 familles de produits finis seront concernées par cette mesure de suspension.
    Il reste que toutes ces décisions buteront forcément sur le mur de l’accord d’association Algérie-UE dont pas mal de produits sont contingentés. Sur le sujet, le ministre du Commerce admet «l’exception» portant sur certains produits agricoles et agro-alimentaires, ils seront normalement ouverts au cours de l’exercice 2018. Mais, souligne le ministre, les produits européens entreront sur le marché national par voie d’enchères au contingent ou à ses tranches. «Ce cahier des charges est en cours d’approbation par arrêté conjoint entre les ministères du Commerce et des Finances», informe le ministre.
    En tout état de cause, le commerce extérieur national qui donne, ces dernières années du souci aux pouvoirs publics, est le maillon faible de l’économie nationale. On retiendra dans les propositions du ministère du Commerce, des mesures pour réduire les importations, mais pas un mot, concernant la promotion des exportations hors hydrocarbures qui restent ridiculement bas dans le système commercial algérien.

    Alger: Smaïl Daoudi

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